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Déjeuner - Conférence du KNetwork : la Défense, un marché en plein devenir.

  • Samy BENOUDIZ
  • 26 juin
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

KNetwork — déjeuner d'été, Maison des Polytechniciens, juin 2026
KNetwork — déjeuner d'été, Maison des Polytechniciens, juin 2026

Le #KNetwork s'est réuni pour son déjeuner d'été à la Maison des Polytechniciens — une édition particulièrement réussie, que je co-anime avec deux collègues.

Merci à Michael Shack pour la qualité de l'organisation, et à Gilles Rabin pour une présentation éclairante sur le marché de la Défense en France.

Un effort budgétaire sans précédent

La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 engage la France à hauteur de 413 milliards d'euros sur six ans, soit une hausse de 35 à 40 % par rapport à la LPM précédente, avec l'objectif d'atteindre au moins 2 % du PIB consacré à la défense. Les budgets annuels passent de 47 Md€ en 2024 à près de 70 Md€ en 2030. C'est une rupture de trajectoire majeure.

Ces crédits se répartissent entre capacités conventionnelles (terre, air, mer) pour 45 %, maintenance et logistique pour 17 %, renseignement, cyber et espace pour 15 %, dissuasion nucléaire pour 13 %, et infrastructures pour 10 %.

Une base industrielle à structurer

La Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) française, c'est 9 grands maîtres d'œuvre, quelque 4 500 PME, ETI et start-ups, et environ 220 000 emplois directs et indirects. Ses secteurs clés couvrent l'aéronautique et les missiles, le naval, les blindés, le spatial et l'électronique, le cyber et le numérique, ainsi que les munitions. La BITD est pilotée par le Ministère des Armées via la DGA, avec un double objectif : autonomie stratégique et compétitivité à l'export.

Sur ce dernier point, la France se positionne à environ 15 Md€ d'exportations annuelles en moyenne sur 2020-2024, loin derrière les États-Unis (60-65 Md€) mais devant l'Allemagne (10-11 Md€).

Un écosystème de financement qui se structure

Ce qui est frappant, c'est la rapidité avec laquelle l'écosystème de financement de la défense se structure en France. On voit émerger des fonds publics comme Definvest, le Fonds Innovation Défense ou Bpifrance Défense, des fonds privés défense & sécurité (WCP Eiréné, Tikehau Défense & Sécurité, Ace Aéro Partenaires…), et des véhicules VC/Growth dédiés au DefenseTech (ISALT, OVNI Capital, Defence Angels). L'Union Européenne contribue également via le Fonds Européen d'Investissement et une Defence Equity Facility de 175 M€.

Le vrai défi : la montée en cadence

Mais la présentation de Gilles pointait aussi le "triangle des difficultés" auquel font face les entreprises de la BITD : faible rentabilité, faible scalabilité, manque de managers expérimentés. Les opportunités sont réelles, les carnets de commandes se remplissent — mais pour les entreprises concernées, les retombées économiques ne seront au rendez-vous qu'à condition de maîtriser leurs investissements et la montée en cadence de leur production. Un enjeu qui s'est avéré bien moins évident qu'il n'y paraît, et qui a nourri des échanges très concrets autour de la table.

Merci à tous les présents pour la qualité des échanges :

KNetwork — déjeuner d'été, Maison des Polytechniciens, juin 2026

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